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Bonus-malus auto : comment ça marche

Relevé d'information d'assurance auto montrant le coefficient de bonus-malus
Sommaire
En bref

Le bonus-malus, ou coefficient de réduction-majoration (CRM), démarre à 1 et suit le conducteur, pas le véhicule. Chaque année sans accident responsable le multiplie par 0,95 ; chaque sinistre responsable l'augmente de 25 %. Il est encadré par un plancher de 0,50 et un plafond de 3,50.

Le bonus-malus est le mécanisme légal qui ajuste chaque année le montant de votre prime d'assurance auto en fonction de votre conduite. Son nom officiel est coefficient de réduction-majoration, ou CRM. Défini par le Code des assurances, il s'applique de manière identique chez tous les assureurs : à la souscription de votre premier contrat, votre coefficient est fixé à 1. Chaque année sans accident responsable le réduit de 5 %, jusqu'au plancher de 0,50, le fameux « bonus 50 ». À l'inverse, chaque sinistre responsable le majore de 25 %, dans la limite d'un plafond de 3,50. Ce coefficient est attaché à votre personne : il vous suit lorsque vous changez de véhicule ou d'assureur, grâce au relevé d'information. Ce guide détaille le calcul du CRM, les règles de descente du malus, la protection du bonus 50 et les sinistres réellement pris en compte en 2026.

Le CRM, un coefficient qui démarre à 1

Le coefficient de réduction-majoration fonctionne comme un multiplicateur appliqué à votre prime de référence, c'est-à-dire au tarif de base établi par l'assureur pour votre profil et votre véhicule. Un coefficient de 0,80 signifie que vous payez 80 % de cette prime de référence ; un coefficient de 1,25 signifie que vous en payez 125 %.

À la souscription de votre tout premier contrat, votre coefficient est fixé à 1. Il évolue ensuite chaque année à l'échéance du contrat. La période prise en compte pour le calcul est celle des douze mois consécutifs qui se terminent deux mois avant l'échéance annuelle. Pour un contrat arrivant à échéance le 31 décembre, l'assureur examine donc les sinistres survenus entre le 1er novembre de l'année précédente et le 31 octobre de l'année en cours.

Ce dispositif est encadré par le Code des assurances : les règles de calcul sont les mêmes chez tous les assureurs, quel que soit le contrat. Ce qui varie d'une compagnie à l'autre, c'est la prime de référence à laquelle le coefficient s'applique — d'où l'intérêt de comparer régulièrement les offres pour payer votre assurance auto moins cher.

Le bonus : 5 % de réduction par année sans sinistre

Chaque année écoulée sans accident responsable vous donne droit à une réduction de 5 % : votre coefficient de l'année précédente est multiplié par 0,95, le résultat étant arrondi par défaut à deux chiffres après la virgule. Après une première année sans sinistre, vous passez ainsi de 1 à 0,95 ; après deux ans, à 0,90 ; après cinq ans, autour de 0,77.

La réduction maximale est fixée à 50 %, ce qui correspond au coefficient plancher de 0,50. Il faut treize années consécutives sans accident responsable pour l'atteindre. Une fois ce niveau acquis, le coefficient ne peut plus baisser : vous payez durablement la moitié de la prime de référence. C'est ce que l'on appelle le « bonus 50 ».

Ce rythme volontairement progressif récompense la régularité : un conducteur prudent voit sa cotisation diminuer chaque année, à garanties constantes. Le détail des règles de calcul est publié sur service-public.gouv.fr.

Le malus : 25 % de majoration par sinistre responsable

Chaque accident dans lequel votre responsabilité entière est reconnue entraîne une majoration de 25 % : votre coefficient est multiplié par 1,25. Si votre responsabilité n'est que partielle — par exemple un accrochage où chaque conducteur a une part de tort —, la majoration est réduite de moitié : le coefficient est multiplié par 1,125, soit 12,5 % de hausse.

Les majorations se cumulent en cas de sinistres multiples. Un conducteur à 0,68 qui cause un premier accident passe à 0,85 (0,68 × 1,25). Un second accident responsable la même année le porte à 1,06 (0,85 × 1,25).

Le coefficient est plafonné à 3,50. Pour une prime de référence de 1 000 €, la cotisation maximale liée au malus est donc de 3 500 €. Ce plafond concerne uniquement le CRM : d'autres majorations spécifiques, prévues par le Code des assurances pour certaines aggravations de risque, peuvent s'y ajouter dans des cas particuliers.

Descente rapide du malus et protection du bonus 50

Le malus n'est jamais définitif. La règle dite de la descente rapide prévoit que le coefficient revient automatiquement à 1 après deux années consécutives sans accident responsable, quel que soit le niveau atteint. Un conducteur monté à 2,10 après plusieurs sinistres retrouve donc un coefficient neutre en deux ans de conduite prudente, sans attendre l'effet lent des réductions annuelles de 5 %.

Les conducteurs les plus expérimentés bénéficient d'une seconde protection. Si vous détenez un coefficient de 0,50 depuis au moins trois ans, votre premier accident responsable n'entraîne aucun malus : votre coefficient reste à 0,50. Cette tolérance ne joue qu'une fois ; un second accident responsable, tant que vous n'avez pas retrouvé trois nouvelles années complètes à 0,50, déclenche la majoration normale de 25 %.

Bon à savoir

L'assureur ne peut pas modifier ces règles par contrat : descente rapide, protection du bonus 50, plancher et plafond s'imposent à toutes les compagnies. Seule la prime de référence, à laquelle s'applique le coefficient, relève de la politique tarifaire de chaque assureur.

Un coefficient attaché au conducteur, pas au véhicule

Le CRM vous suit personnellement. Il ne disparaît ni quand vous changez de voiture, ni quand vous changez de compagnie : le nouvel assureur reprend exactement le coefficient acquis. Le document qui en fait foi est le relevé d'information, délivré chaque année à l'échéance du contrat. Il mentionne votre coefficient et la liste des sinistres responsables survenus au cours des cinq dernières périodes annuelles. Vous pouvez aussi le demander à tout moment, notamment avant de changer d'assurance auto.

  1. Demandez votre relevé d'information à votre assureur actuel, depuis votre espace client, par téléphone ou par courrier ; il doit vous être transmis dans un délai de quinze jours.
  2. Vérifiez le coefficient indiqué et la liste des sinistres : signalez immédiatement toute erreur, par exemple un accident non responsable comptabilisé à tort.
  3. Transmettez le relevé au nouvel assureur lors de la demande de devis, afin que le tarif proposé intègre votre bonus réel.
  4. Conservez une copie du document : il constitue la preuve de votre historique en cas de litige ou de nouvelle souscription.

En cas d'interruption d'assurance — par exemple après la vente du véhicule sans rachat immédiat —, une coupure de moins de trois mois sans sinistre responsable dans l'année vous permet de conserver l'évolution de 5 % à la souscription suivante. Au-delà de trois mois, vous gardez votre coefficient acquis, mais l'assureur peut vous considérer comme un nouveau conducteur si l'interruption se prolonge très longtemps.

Jeunes conducteurs : la surprime n'est pas un malus

Un conducteur novice démarre, comme tout assuré, avec un coefficient de 1 : il n'existe pas de « malus jeune conducteur ». En revanche, l'assureur est autorisé à appliquer une surprime, distincte du CRM, pouvant atteindre 100 % de la prime de référence la première année. Cette surprime est réduite de moitié après chaque année sans accident responsable et disparaît au bout de trois ans.

Les conducteurs ayant suivi l'apprentissage anticipé de la conduite (conduite accompagnée) bénéficient d'une surprime plafonnée à 50 % au lieu de 100 %. Pendant ce temps, le bonus évolue normalement : un jeune conducteur sans sinistre voit sa surprime fondre et son coefficient descendre à 0,95 puis 0,90, ce qui produit une baisse rapide de la cotisation au fil des trois premières années.

Quels sinistres comptent réellement pour le malus ?

Seuls les sinistres dans lesquels votre responsabilité totale ou partielle a été reconnue, et qui ont donné lieu à indemnisation par votre assureur, entrent dans le calcul du CRM. En pratique, n'entraînent donc aucun malus :

  • l'accident causé entièrement par un tiers identifié comme responsable ;
  • le bris de glace, qui n'implique aucune responsabilité de conduite ;
  • le vol, la tentative de vol et l'incendie du véhicule ;
  • les événements de force majeure, comme une catastrophe naturelle ou une tempête.

Ces sinistres peuvent en revanche donner lieu à une franchise contractuelle, qui reste à votre charge selon les conditions de votre contrat.

Attention

Ce n'est ni votre appréciation de l'accident ni celle de l'autre conducteur qui détermine la responsabilité, mais l'échange entre les compagnies d'assurance sur la base du constat amiable, des témoignages et des éléments du dossier. Remplissez le constat avec précision : une case mal cochée peut suffire à vous faire attribuer une part de responsabilité, et donc un malus.

Exemple chiffré : cinq années de CRM

L'exemple suivant illustre l'évolution du coefficient d'un conducteur dont la prime de référence est de 1 000 € par an.

AnnéeÉvénementCalculCoefficientCotisation
SouscriptionPremier contrat1,001 000 €
Année 1Aucun sinistre1,00 × 0,950,95950 €
Année 2Aucun sinistre0,95 × 0,950,90900 €
Année 3Accident responsable0,90 × 1,251,121 120 €
Année 4Aucun sinistre1,12 × 0,951,061 060 €
Année 5Aucun sinistreDescente rapide1,001 000 €

On voit l'effet asymétrique du dispositif : deux ans de bonus sont effacés par un seul accident responsable, mais la descente rapide ramène le coefficient à 1 dès la deuxième année suivant le sinistre, sans attendre le jeu des réductions successives.

Sources et références

Questions fréquentes

Comment le bonus-malus est-il calculé chaque année ?

Votre assureur applique le calcul à chaque échéance annuelle, sur la base des douze mois qui se terminent deux mois avant cette échéance. Sans accident responsable sur la période, votre coefficient est multiplié par 0,95, avec un arrondi par défaut à deux décimales. Chaque accident entièrement responsable le multiplie par 1,25, et chaque accident partiellement responsable par 1,125. Le résultat, compris entre 0,50 et 3,50, est ensuite appliqué à votre prime de référence pour donner votre cotisation.

Est-ce que je perds mon bonus si je change d'assureur ou de véhicule ?

Non. Le coefficient de réduction-majoration est attaché au conducteur et non au véhicule ou au contrat. Lorsque vous changez d'assureur, le relevé d'information transmis au nouvel assureur reprend votre coefficient exact, qui continue d'évoluer normalement. En cas de vente du véhicule sans rachat immédiat, une interruption de moins de trois mois sans sinistre responsable vous permet même de conserver l'évolution annuelle de 5 %. Au-delà, vous gardez votre coefficient, mais son évolution est suspendue pendant l'interruption.

Un accident non responsable fait-il perdre du bonus ?

Non. Seuls les sinistres dans lesquels votre responsabilité totale ou partielle a été reconnue entrent dans le calcul du coefficient. Un accident causé entièrement par un tiers identifié, un bris de glace, un vol, un incendie ou un événement de force majeure comme une catastrophe naturelle n'entraînent aucun malus. Attention toutefois : la responsabilité est établie par les assureurs à partir du constat amiable et des éléments du dossier, pas par votre propre appréciation de la situation.

Combien d'années faut-il pour atteindre le bonus 50 ?

Il faut treize années consécutives sans accident responsable pour atteindre le coefficient plancher de 0,50, appelé couramment bonus 50. Chaque année sans sinistre responsable multiplie en effet le coefficient par 0,95 : après une année, vous êtes à 0,95, après cinq ans autour de 0,77, après dix ans autour de 0,60. Une fois le plancher de 0,50 atteint, le coefficient ne peut plus baisser, mais votre prime bénéficie durablement de cette réduction maximale de 50 %.

Comment faire disparaître un malus ?

Deux mécanismes jouent en votre faveur. D'abord, chaque année sans accident responsable réduit votre coefficient de 5 %. Ensuite, la règle de la descente rapide prévoit qu'après deux années consécutives sans sinistre responsable, votre coefficient revient automatiquement à 1, quel que soit le niveau de malus atteint. Un conducteur monté à 2,10 après plusieurs accidents retrouve donc un coefficient neutre en deux ans de conduite sans sinistre responsable, sans démarche particulière à effectuer.

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